Qu'est-ce
qui va caractériser les douze mois qui viennent selon
vous ?
« C'est le début de la phase de réalisation des projets
d'aménagements de la ville lancés lors du premier
mandat, autour d'un objectif de développement durable.
Après avoir acheté les terrains, il nous a fallus du
temps pour concilier aménagement écologique et réalité
économique. On a trouvé une formule équilibrée,
maintenant, on entre dans le dur pour l'éco-quartier. À
partir de début 2009 va commencer la construction de
vingt et une maisons en bois sur le futur lotissement
Lebocey. En début d'année débutera aussi la
réhabilitation de trois bâtiments sur le camp du
Moulinet, ainsi que la construction de maisons neuves.
Au total, quatre-vingts foyers vont sortir de terre en
2009. On va augmenter le nombre d'habitants, pour que la
commune ne reste pas une ville-dortoir. »
En dix ans, ces projets devraient faire passer la
population de 5 000 à 7 000 habitants. Cela semble
énorme. Est-ce bien réaliste ?
« L'objectif est de construire neuf cents logements
nouveaux. Cela répond d'abord à une évolution sociale,
avec de plus en plus de familles monoparentales, et donc
un besoin accru de logements. Cela entre aussi dans le
cadre de l'opération de rénovation urbaine lancée sur
l'agglomération, avec les destructions d'immeubles. La
CAT a fixé un objectif de sept cents logements
construits chaque année sur l'agglomération pour
compenser. Aujourd'hui il faut reloger différemment les
gens. Le futur éco-quartier proposera une mixité
sociale, pour renouveler la population et avoir une
ville qui vit. L'objectif est aussi d'avoir plus
d'habitants pour plus de revenus, sans toucher aux taux
d'imposition. »
Parmi vos promesses de campagne, figure la mise en
place du quotient familial pour la facturation de la
cantine. Quand allez-vous le mettre en place ?
« Pour la rentrée 2009. L'objectif est d'aider les
familles en fonction de leurs revenus et de leur nombre
d'enfants. Nous étudions actuellement le projet, pour
voir comment financer cela et savoir où on met le
curseur. On le fera, même si le contexte financier de la
commune est très difficile. »
Vous avez justement annoncé en avril dernier un plan
de rigueur, avec 300 000 € d'économies sur le budget de
fonctionnement pour 2008. Sur quoi allez-vous rogner ?
« Il y a un plan de rigueur, comme à Troyes ou à la CAT.
Un maire avec un autre discours aurait une commune
atypique ! L'État donne aux communes de nouvelles
missions et compense de moins en moins. Je vais donc
faire des économies sur les frais généraux. Je demande
systématiquement plusieurs devis sur les achats. On
éteint la lumière à la mairie en pleine journée. On
compte aussi économiser cette année 10 000 € sur
l'éclairage public. On faisait autrefois deux
représentations théâtrales chaque année à la salle des
fêtes, on ne le fera pas cette année. Ce sont 8 000 €
d'économisés. Pour les écoles, on n'a pas touché aux
crédits pédagogiques, en revanche on a réduit le budget
dit "globalisé" de moitié (utilisé par exemple pour
financer des voyages, N.D.L.R.), ce qui représente 3 500
€ d'économie. Aujourd'hui, on est dans les clous au
niveau budgétaire. Mais je suis toujours très inquiet
quant aux recettes qui nous sont allouées par l'État. »
Vous avez aussi créé un nouvel impôt, la « taxe sur
les fournitures d'électricité »…
« On en attend 50 000 €, c'est un petit pourcentage pris
sur la facture d'électricité. La taxe est applicable
depuis le 1er juillet. Elle existe depuis dix ans, nous
étions la dernière commune de l'agglomération à ne pas
l'appliquer. »
Le parc Lebocey n'est pas encore véritablement ouvert au
public. Quand le sera-t-il ?
« Il sera officiellement ouvert en 2009. Le problème,
c'est qu'il n'est aujourd'hui ni gardé ni sécurisé, avec
un plan d'eau envasé et un ruisseau. Il va falloir
baliser un parcours et créer une entrée unique sur la
rue Fernand-Jaffiol. »
Quels sont vos rapports avec l'opposition aujourd'hui
?
« Les postures vont se modifier avec le temps. À gauche,
Marc Joudelat n'est pas dans l'opposition systématique.
C'est un peu différent pour Joël Rapinat (UMP, NDLR) qui
avait besoin de parler plus fort car il n'habite pas
dans la commune. C'est un "missi dominici" qui parle
pour les autres. Mais on ne peut pas toujours être en
position frontale. Les choses vont se normaliser. »
"Avec Baroin il y a des sujets forcément tendus "
Dans quel état sont les relations entre Pascal Landréat,
président du Modem local, et François Baroin, président
de la Communauté d'agglomération troyenne et chef de
file de l'UMP ? Si Pascal Landréat ne cache pas que
l'offensive de l'UMP sur ses terres - via la candidature
de Joël Rapinat - durant les élections a laissé des
traces, il juge qu'il est « trop tôt pour le dire car,
pour l'instant, les dossiers de fond n'ont pas encore
été abordés à la CAT. » Mais, ajoute-t-il, « il y aura
des sujets forcément tendus. »
Le sujet délicat des finances pourrait néanmoins offrir
un « casus belli », confie le maire, qui suspecte
François Baroin de vouloir faire des économies sur la «
DSC », la dotation de solidarité communautaire. Cette
somme est fournie par la CAT à toutes ses communes
membres et s'élève à près de 130 000 € pour
Pont-Sainte-Marie. « On n'y touche pas ! C'est un
pilier. Quand la CAT a été créée, la DSC était un
argument fort pour convaincre les maires d'accepter
l'abandon d'une partie de leur pouvoir de décision et
les transferts de charges qui allaient se faire au
profit de la ville centre. Plutôt que de revoir la DSC,
il faut que la CAT en fasse moins côté soutien à
certaines manifestations, par exemple les Nuits de
Champagne subventionnées à hauteur de 250 000 €. »
Son ticket pour les Sénatoriales : Adnot-Gaillard
Contre toute attente, le président du Modem choisira
lors des élections sénatoriales du 21 septembre, « à
titre personnel », le candidat de l'UMP, Yann Gaillard :
« Yann Gaillard a un profil atypique dans le paysage
politique. Le fait qu'il soit soutenu par l'UMP n'est
pas une tare. C'est un homme de qualité, qui travaille
sans esbroufe, un homme modéré qui a une histoire dont
je ne me sens pas éloigné. »
Ce vote s'accompagnera, sans surprise cette fois, d'un
vote en faveur de Philippe Adnot.
Auteur :
Propos recueillis par Vincent THOLLET
Article paru le : 13 septembre 2008 |