En entrant
dans la salle des fêtes de Pont-Sainte-Marie, on est
accueilli par les statues placides de Béatrice Tabah,
l'invitée auboise de la 5e édition de « Mosaïques ». Une
tribu bienveillante qui oscille au gré des passages des
visiteurs tout en posant sur eux un regard serein. Que
l'on soit amateur d'art avisé ou simple néophyte curieux
de s'enrichir, le pari de « Mosaïques » est de donner
l'occasion de découvrir l'art contemporain sous un autre
jour. Pas de snobisme de galerie ni de discours pompeux
sur la création artistique, les œuvres d'art, rien que
les œuvres d'art !
« Avec cette exposition, j'ai surtout voulu montrer la
pluralité de l'art vivant de notre époque. Outre leur
talent, ce qui les réunit est leur personnalité. Ce sont
de véritables forces vives de l'art, pas des
intellectuels ou des artistes aseptisés. Non, ce sont de
vrais artistes de chair et d'âme ! » explique avec
enthousiasme Christian Noorbergen. Et l'on n'est pas
déçu par la qualité des artistes invités et par la
richesse artistique de leur création. Peinture à
l'acrylique ou à l'huile, sculptures en papier mâché et
argile… toutes les techniques artistiques s'expriment
dans cette exposition.
Les immenses visages d'Olivier de Sagazan interpellent
par leur expression tandis que les corps de Guy Brunet
se dévoilent en clair-obscur. Sur un mur, la chaude
peinture de Jean-Pierre Corne décline crûment toutes les
nuances de la gamme chromatique tandis que lui répondent
les camaïeux en noir et gris des poteries de l'Indien
Madhu Basu immortalisées sur la toile.
Dans un autre coin de l'exposition, la pirogue des âmes
de Polska reste placide face aux deux pièces majeures de
cette exposition : deux toiles originales de Paul
Jenkins, l'une des figures majeures de l'expressionnisme
abstrait américain, qui jettent leurs couleurs
éclatantes à la face de la sinistrose ambiante. À
l'étage, la « juridiction génétique » de Béatrice Tabah
ne laissera sans doute personne indifférent. Le but
avoué de cette exposition : « Vous aimerez certaines
œuvres, pas d'autres ! Mais au moins elles vous auront
marqué ! Mosaïques exprime la diversité de l'art, sa
capacité à déranger, sa multiplicité. C'est là la
réussite de cette exposition ! » conclut Christian
Noorbergen.
En ressortant de la salle, la tribu des Innocents vous
raccompagne jusqu'à la sortie et sans doute vous
regardent-elles vous éloigner avec bienveillance…
- « Mosaïques », exposition d'art contemporain du 11 au
26 octobre, à la salle des fêtes de Pont-Sainte-Marie
Entrée libre de 14 h à 18 h 30 tous les jours
- Conférence de Christian Noorbergen « Les batailles de
l'art », le 14 octobre à 20 h 30. Entrée libre.
Auteur :
Stéphanie MUNIER
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